1. Tout pour ma gueule
    Sarkozy se moque des citoyens, il privilégie son intérêt personnel.
    Président de l'UMP (parti ultra-majoritaire) depuis Novembre 2004, voilà 2 ans et demi qu'il aurait pu se faire nommer Premier Ministre et agir...
    Mais l'intérêt de la France lui importe peu. Ce ne sont pas les réformes qui l'intéressent, c'est l'Élysée...
    Bien qu'il prétende vouloir mener une politique "de rupture" dont la France aurait urgemment besoin, à l'action (ce mot qu'il a toujours à la bouche), il a privilégié l'attente du destin personnel auquel il aspire (être élu Président).
    Alors franchement, peut-on compter sur lui pour agir une fois élu ?
    Une fois président, à quoi bon ?
    D'ailleurs, il l'a déjà dit, son violon d'Ingres, ses Arts Premiers à lui, ça sera... Alzheimer.
  2. Pseudo-idéologie (à la petite semaine)
    Nicolas Sarkozy est "contre" les 35 heures. Il le dit. Il le répète. Il le rabâche.
    Elles empêchent les français de "travailler plus pour gagner plus".
    Ses conseillers en communication lui avaient dit d'attaquer Ségolène Royal là-dessus lors du débat, et il n'a eu de cesse.
    Le résultat ? Vous l'avez entendu...
    - (Ségo) Si les 35h sont une telle plaie, pourquoi ne les avez-vous pas abrogées depuis 5 ans ?
    - (Sarko) On ne voulait pas se mettre les électeurs à dos, les RTT sont considérées comme un acquis social (NDLR : entendez "même chez mes électeurs").
    - (Ségo) Les remettrez-vous en cause une fois élu ?
    - (Sarko) Non, je ne remettrai pas en cause la durée légale du travail : 35 heures.
    Donc si vous êtes contre les 35 heures, ce mec se fout de votre gueule, il en dit du mal pour que vous votiez pour lui, mais clairement il s'en fout comme de sa première trahison...
  3. Politique : vouloir toujours (mais ne rien faire de spécial)
    "Je veux... je veux... je veux...", c'est tout ce qu'il sait faire : vouloir.
    Et de préférence des trucs bien généraux, qu'on ne peut que vouloir.
    Que le travail et l'effort soient récompensés, par exemple. Qui est contre ? Personne, évidemment.
    Mais concrètement, c'est quoi la mesure phare ?
    Une loi rédigée ainsi : "Article unique : l'effort doit être récompensé." ?
    Reconnaissons-lui le courage, "car j'ai eu ce courage, chère madame", oui, le culot de faire une campagne qui se résume à cette idée-force : enfoncer des portes ouvertes.
    Tu m'étonnes qu'il ait des cicatrices... ;-)
  4. Une démocratie particulière
    Son "je veux" sur la langue, c'est surtout une conception présidentialiste, voire bonapartiste de la démocratie.
    Le Président décide. Le Parlement ("aux pouvoirs renforcés" tous les candidats ont promis cela) enregistre.
    Ségolène Royal, elle, dit comment elle compte rééquilibrer les pouvoirs. Et ne pas vouloir se substituer aux partenaires sociaux, ce n'est pas de la lâcheté, c'est du respect pour la démocratie, Monsieur !
  5. Des sophismes permanents
    Un exemple parmi tant d'autres :
    Lors du débat du second tour, quand Ségolène Royal propose très clairement de consulter les français par référendum sur une version modifiée du TCE, Nicolas Sarkozy se propose de faire adopter la Constitution Européenne sans référendum, mais sans le dire explicitement.
    Attention, il faut suivre :
    1. il est nécessaire de signer un nouveau traité institutionnel (nul ne peut le nier)
    2. les Français se sont prononcés contre le TCE par référendum (c'est un fait), il faut respecter ce choix (qui dirait non ?)
    3. le nouveau traité institutionnel ne s'appellera pas "TCE" (bon...)
    4. on pourra donc signer ce nouveau traité sans référendum (CQFD)
  6. Dialoguons pour de rire (ou "je te prends pour un con")
    Entendu lors du même débat, Sarkozy qui reproche à Ségolène Royal que les discussions d'adhésion entre l'Union Européenne et la Turquie (qui ont pourtant débuté en... 1964) puissent selon elle déboucher sur un "oui" si les conditions nécessaires sont remplies.
    Pour Sarkozy, comme toujours c'est clair, c'est "non" d'avance. Mais on continuera a discuter pour gagner du temps...
    Citoyens, soyez-en prévenu, si Sarko vous dit "votre point de vue est légitime, discutons-en", il est très probable que ça signifie simplement "cause toujours, j'ai déjà décidé..."
  7. Foutage de gueule (je l'ai déjà dit ?)
    "Je rendrai des comptes, je veux être jugé sur mes résultats, je ne vous décevrai pas" (etc, etc...)
    Mais les résultats sont là, et ils sont mauvais :
    L'UMP a axé une grosse partie de sa campagne de 2002 sur l'insécurité. Le bilan ?
    • Chasse obsessionnelle aux prostituées, livrées à nouveaux aux trafiquants et au crime organisé.
    • Grosse publicité pour la lutte contre l'insécurité... routière (histoire de faire oublier le reste).
    • Malgré les excellents résultats des radars automatiques, arrêt de leur déploiement, car trop impopulaires.
    • Augmentation du nombre d'agressions et autres "violences aux personnes".
    • Augmentation du nombre de plaintes et de condamnations pour violence policière.
    C'est facile d'être "sincère", quand on a compris que plus c'est gros, mieux ça passe...
  8. Mensonge
    Ségolène Royal était légitimement outrée par les boniments de Sarkozy pour l'accueil des enfants handicapés à l'école : le gouvernement sortant a effectivement supprimé des postes qui facilitaient cette intégration.
    Je cite ma chérie d'instit', qui en sait quelque chose :
    on nous a effectivement supprimé tous les moyens qui permettent ce type d'intégration. D'abord en supprimant les emplois-jeunes qui aidaient efficacement et les enfants et les enseignants à gérer ce genre d'accueil (parfois difficile, on ne peut pas le nier - parfois facile aussi, je le sais). Ensuite en supprimant des postes d'enseignants. Alors, accueillir un enfant autiste dans une classe de 22, c'est déjà dur. Mais dans une de 33, je ne vous raconte pas ce que ça donne (eh oui, cet exemple est concret : nos grandes sections ont à 33 cette année). C'est du foutage de gueule et c'est un manque de respect pour tout le monde.
    En effet, quand Ségolène Royal parle d'"immoralité politique", je trouve que le mot est faible...
  9. Sports/Football
    • 1998 : L'équipe de France de Football remporte la Coupe de monde -- Lionel Jospin est Premier Ministre.
    • 2002 : Élimination humiliante en phases de poule -- Jacques Chirac vient d'être élu.
    • 2006 : Encore raté ! -- l'UMP est encore au pouvoir en France, alors que Romano Prodi et la gauche italienne viennent de gagner les élections.
    Les faits parlent d'eux-même, non ? ;-)
  10. International : soutenons les USA, ils ont forcément raison
    En 2003, alors que Dominique de Villepin tenait au Conseil de Sécurité de l'ONU un discours contre la guerre des USA en Iraq, dont les faits ont démontré la sagesse, le silence de Nicolas Sarkozy était assourdissant.
    Où enverra-t-il nos soldats demain ?
    Sarkozy suivra-t-il Bush pour attaquer l'Iran ?
    la Corée ?
    le Vénézuela ?
  11. Il est contre vous (tout pour ma gueule, la suite...)
    Ce mec a toujours voté contre vous...
    • Vous êtes RPR "canal historique" ?
      Ce mec a été à la soupe pour Balladur contre Chirac en 1995...
    • Vous êtes UDF ?
      Ce mec a fait voter contre Bayrou en 2002...
    • Vous êtes "de gauche" ?
      Pourquoi lisez-vous encore cet article ? Ce type a-t-il un seul point commun avec vous ?
    • Vous êtes d'"extrême-gauche" ?
      A mon avis, ce mec est un révolutionnaire. Et je pèse mes mots...
    • Vous êtes FN ?
      Et il a peut-être appelé à voter Le Pen au second tour en 2002 ?

Oui, il y en a 11. Il y en a même beaucoup plus...
Mais bon, il faut bien s'arrêter.

En attendant la (j'espère) bonne surprise du résultat de dimanche soir, vous pouvez vous détendre un peu ;-)